Maintenir un réseau électrique propre, moderne et fiable pour tous
les Ontariens est la grande priorité de ce gouvernement. Les familles,
les commerces et l'économie de la province comptent sur une énergie
électrique efficiente, fiable et durable d'un point de
vue environnemental. Il nous faut répondre à la demande d'électricité dans les foyers,
les écoles, les hôpitaux et les entreprises de l'Ontario, pour tout alimenter, de la cafetière
au tomodensitomètre. Nous avons également besoin d'un réseau propre qui ne menace
la santé ni de la population actuelle ni celle des générations futures.
Les Ontariens méritent une planification énergétique à long terme
équilibrée et responsable, de sorte que la population respire de l'air
propre que l'Ontario soit doté d'une énergie fiable et d'une économie
forte à nos enfants et petits-enfants. Le présent rapport est une mise à
jour du plan énergétique à long terme du gouvernement McGuinty; on y
esquisse les grandes lignes de la façon dont ce dernier s'y prend pour
aider les familles et les entreprises à faire face à l'augmentation des
coûts de l'électricité.
Avant 2003, le réseau électrique de l'Ontario était fragilisé et peu
fiable. Notre dépendance envers le charbon faisait en sorte que nos
sources d'électricité étaient polluantes et tout le contraire de propre.
Entre 1995 et 2003, la filière énergétique a perdu 1 800 mégawatts (MW)
de sa puissance — autant que si les chutes Niagara cessaient de couler.
Une brève expérience de déréglementation des prix en 2002 s'est
traduite par une augmentation marquée des prix, incitant le gouvernement
de l'époque à imposer un gel du prix au consommateur. L'infrastructure
énergétique s'en allait à vau-l'eau; l'insuffisance de
l'approvisionnement se traduisait par des pannes localisées.
Qui plus est, l'Ontario dépendait de cinq centrales alimentées au
charbon, source de pollution atmosphérique. Ceci ne polluait pas
seulement l'atmosphère, cela polluait également nos poumons. Les
médecins, les infirmières et les chercheurs ont dit et répété que la
production alimentée au charbon avait un impact sur la santé, aggravant
l'incidence de diverses maladies respiratoires. Une étude réalisée en
2005 à la demande du gouvernement révélait que l'impact négatif du
charbon sur la santé pouvait atteindre en moyenne 3 milliards de dollars
par année. Pour notre propre bien-être et celui de nos enfants, nous
devions mettre un terme à l'utilisation du charbon.
Au cours des sept dernières années, le gouvernement McGuinty a fait
des progrès majeurs, après avoir hérité d'un réseau caractérisé par un
approvisionnement réduit et l'absence de toute planification pour
l'avenir. Aujourd'hui, notre réseau est plus propre, plus moderne, plus
fiable et nous planifions pour l'avenir.
Le gouvernement McGuinty a rendu l'électricité plus propre : nous
sommes en voie d'éliminer le charbon d'ici 2014, ce qui constitue
l'initiative de lutte au changement climatique la plus importante en
Amérique du Nord pendant ce laps de temps. Nous avons déjà réduit de 70
pour cent l'utilisation du charbon. L'an dernier, nos émissions de gaz à
effet de serre provenant du secteur de l'électricité ont atteint leur
niveau le plus bas en 45 ans. En 2009, plus de 80 pour cent de notre
production d'électricité provenaient de sources d'énergie sans
émissions, comme le vent, l'eau, le soleil, les biogaz et l'énergie
nucléaire.
Les efforts en matière de conservation portent fruit — nombreuses sont
les familles et entreprises de l'Ontario qui conservent très activement
l'énergie. Grâce à divers programmes, les Ontariens ont conservé plus
de 1 700 MW d'électricité depuis 2005 — c'est-à-dire autant
d'électricité que si on avait retiré du réseau plus d'un demi-million de
foyers.
Aujourd'hui, nous avons suffisamment d'électricité pour alimenter nos
foyers, nos commerces, nos écoles et nos hôpitaux. Notre gouvernement a
augmenté la capacité de production d'énergie de l'Ontario en ajoutant à
la filière énergétique 20 pour cent (soit plus de
8 000 MG) d'approvisionnement nouveau – soit suffisamment
d'électricité pour alimenter deux millions de foyers. Les
investissements en Ontario ont transformé le réseau électrique
et ont contribué à faire de l'Ontario le chef de file en Amérique du
Nord en matière d'énergie renouvelable et fiable. Et depuis 2007, nous
appliquons un processus de planification formelle sur 20 ans pour nous
aider à anticiper les besoins de la province
en matière d'électricité et à y répondre.
Le réseau électrique de l'Ontario est plus fiable. Grâce aux
investissements dans les nouveaux projets de production et dans les
mises à niveau de quelque 5 000 kilomètres de lignes de transport et de
distribution — environ la largeur du Canada, d'un océan à l'autre —,
notre filière énergétique est capable de répondre à la demande de
pointe, ainsi qu'aux variations imprévues de la demande et de
l'approvisionnement.
Nous nous rapprochons d'une filière énergétique moderne, intelligente,
qui aidera les consommateurs à mieux contrôler l'utilisation qu'ils
font de l'énergie – même lorsqu'ils sont absents de chez eux. Un réseau
intelligent peut aider à isoler les pannes d'électricité, permettant
ainsi une réparation accélérée, voire automatisée. Ceci améliorera la
fiabilité
de l'approvisionnement pour l'ensemble des consommateurs et facilitera
la tâche des ceux qui souhaitent produire leur propre électricité.
Dans le cadre de son plan Ontario ouvert sur le monde, le gouvernement
McGuinty fait évoluer l'Ontario, de la dépendance envers les centrales
au charbon à haute teneur en soufre vers une économie de l'énergie
propre, moderne et fiable, source d'emplois. L'énergie est l'un des
moteurs de notre économie et emploie plus de 95 000 Ontariens. Des
investissements récents dans la modernisation de la filière énergétique
contribuent à créer et soutenir des emplois, et offrent des opportunités
aux particuliers et aux collectivités de la province. L'on s'attend à
ce que l'historique Loi de 2009 sur l'énergie verte et l'économie verte
soutienne, au cours des trois premières années de son entrée en vigueur,
50 000 emplois, directs et indirects, dans le réseau intelligent, la
modernisation du réseau de transport et de distribution, les énergies de
sources renouvelables et la conservation.
Nous avons beaucoup accompli au cours des sept dernières années, mais
il reste du pain sur la planche. L'Ontario dispose d'un
approvisionnement suffisant en électricité — mais nous aurons besoin
d'une quantité accrue d'énergie propre dans les années à venir. Au fur
et à mesure que l'infrastructure de l'Ontario prend de l'âge, nous
devrons reconstruire ou construire une capacité de production
additionnelle de 15 000 MW au cours des 20 prochaines années. Nous
devrons également poursuivre la mise à niveau et la modernisation de nos
lignes de transport et de distribution.
Même si nous sommes fiers de nos efforts collectifs jusqu'ici, nous
devons continuer à mettre au point des formes d'électricité plus propres
et encourager une culture axée sur la conservation. Nous devons viser
un approvisionnement diversifié équilibré, à faible teneur en carbone,
capable de répondre à nos besoins énergétiques proprement et de façon
fiable — l'Ontario sera fin prêt pour l'arrivée de la réglementation sur
le prix du carbone en Amérique du Nord. Nous devons également maximiser
les actifs liés à l'électricité dont nous disposons actuellement et
veiller à ce que ces actifs continuent à fournir un approvisionnement
fiable et propre.
Les investissements nécessaires, inévitables, que réalise actuellement
l'Ontario dans la filière énergétique sont payés par les contribuables.
Ce qu'il en coûte pour remettre notre filière énergétique à jour et
construire une économie axée sur l'énergie propre n'est pas sans avoir
un impact sur les factures d'électricité résidentielles et commerciales.
Nous payons tous pour des décennies de négligence. En Ontario, pour
avoir de l'air propre, une production fiable et un réseau de transport
modernisé, la facture résidentielle augmentera vraisemblablement de 3,5
pour cent par année pour les 20 prochaines années.
Les augmentations de la facture d'électricité ne sont pas chose facile
pour les familles et les commerces de la province. Même si les
Ontariens sont déterminés à avoir un air propre, chaque augmentation
s'approprie une partie du salaire net et cela n'est pas facile pour
les familles en ces temps difficiles. Pour aider à faire face à l'augmentation des coûts,
le gouvernement McGuinty a créé un certain nombre de crédits d'impôt
pour aider les familles et les personnes âgées à contrôler la hausse des
frais d'électricité. Mais il nous
faut faire plus encore.
Dans le présent plan, et dans le document du gouvernement,
Perspectives économiques et revue financière de l'Ontario de 2010, nous
avons pris des mesures pour aider les familles et les commerces à faire
face aux coûts de l'électricité, pendant que se poursuivent les
investissements dans l'énergie propre. Le 18 novembre 2010, le
gouvernement McGuinty a annoncé la création de la Prestation ontarienne
pour l'énergie propre.
Si elle est adoptée, la Prestation ontarienne pour l'énergie propre
donnera aux familles, aux agriculteurs et aux petites entreprises de
l'Ontario une prestation équivalente à 10 pour cent de leur facture,
pendant cinq ans. Ceci se traduirait par une baisse de la facture
d'électricité mensuelle de 10 pour cent à compter du 1er janvier 2011.
La Prestation ontarienne pour l'énergie propre aidera les familles, les propriétaires de
petits commerces qui ne ménagent pas leurs efforts, ainsi que les
agriculteurs de l'Ontario. Le gouvernement McGuinty prend cette mesure
pour venir en aide à ceux qui ressentent avec acuité la hausse du coût
de la vie et, en particulier, du coût de l'électricité. En ces temps
difficiles, toute aide est appréciée.
Ce plan équilibré et responsable donne un aperçu des besoins anticipés
de l'Ontario en matière d'électricité et présente la façon la plus
efficiente de les combler.
Le 11 octobre 1910, lorsque Adam Beck a pressé le bouton qui a allumé
une plaque de rue à Kitchener, sur laquelle on pouvait lire « For the
People » [pour le peuple], toute la ville s'est exclamée et
l'électrification de l'Ontario a commencé. C'était le tout premier
projet d'envergure de la Hydro-Electric Power Commission of Ontario, la
toute première compagnie d'électricité au monde appartenant à l'État,
créée en 1906. Monsieur Beck,
un politicien municipal et provincial était convaincu qu'il était
essentiel, pour le développement économique de la province, que
l'électricité soit disponible pour tous les Ontariens.
La centrale électrique Queenston-Chippawa située à Niagara (renommée
Sir Adam Beck I en 1950) a aidé l'Ontario à répondre à la demande
croissante d'électricité pendant le boom d'après-guerre. Mais, en dépit
d'une expansion continue, il était devenu de plus en plus évident que
l'énergie hydroélectrique à elle seule ne serait pas en mesure de
répondre à la demande de la province.
L'Ontario a donc commencé à diversifier son approvisionnement dans les
années 50, ajoutant de nouvelles sources d'énergie, y compris six
centrales électriques alimentées au charbon construites près des régions
où la demande était la plus élevée. Entre le début des années 70 et le
début des années 90, l'énergie nucléaire s'est également ajoutée, grâce à
la construction de trois centrales. Entre-temps, en 1974, la
Hydro-Electric Power Commission a été reconnue société de la Couronne et
rebaptisée Ontario Hydro.
Ce trio d'énergie – de source hydroélectrique, au charbon et nucléaire
– allait soutenir la prospérité économique de l'Ontario jusque dans les
années 90. Mais déjà, une grande partie de l'infrastructure électrique
de la province prenait de l'âge et avait besoin d'être remplacée ou
remise à neuf. Le fonctionnement du réseau était devenu incertain et le
doute était grand concernant sa capacité de répondre à la demande
projetée.
Entre 1996 et 2003, la capacité de production de l'Ontario a diminué
de six pour cent — autant que si on mettait fin à la production
d'électricité aux chutes Niagara, cependant que la demande d'électricité
augmentait de 8,5 pour cent. Les investissements dans la construction
de nouvelles sources d'approvisionnement et l'entretien des lignes
étaient modestes. Les sommes investies dans les mises à niveau du réseau
de transport et de distribution représentaient la moitié des
investissements actuels. Il n'y avait aucun programme de conservation
financé par la province.
En 1998, l'Ontario adoptait une loi autorisant l'établissement de
marché de l'électricité. En avril 1999, Ontario Hydro était réorganisé
en cinq organisations remplaçantes. La décision de démanteler Ontario
Hydro et de privatiser partiellement la filière énergétique a laissé
l'Ontario aux prises avec une dette de plus de 20 milliards de dollars.
Une brève expérience de déréglementation du marché a vu les prix de
l'électricité connaître une hausse moyenne de 30 pour cent en sept mois à
peine. Le gouvernement d'alors a été forcé de plafonner les prix pour
les consommateurs résidentiels et les petites entreprises — une
politique insoutenable. Ce plafonnement n'a fait que masquer le problème
sous-jacent, soit la pression provenant de la hausse des coûts d'une
filière énergétique nécessitant un renouvellement de
l'approvisionnement, ainsi qu'un approvisionnement additionnel.
L'Ontario dépendait également beaucoup de la production alimentée au
charbon. Environ 25 pour cent de la production d'électricité provenaient
de centrales alimentées au charbon polluant. En outre, l'Ontario
importait des états américains voisins de l'électricité produite à
partir du charbon. L'Ontario, une province dotée d'importantes
ressources pour la production d'énergie, était devenu un importateur net
d'électricité.
Après son entrée au pouvoir, en 2003, le gouvernement de l'Ontario
s'est trouvé face à de nombreux défis, notamment : un approvisionnement
insuffisant, un réseau dépendant de la production axée sur le charbon à
haute teneur en soufre, une absence de programmes de conservation, un
barème de prix insoutenable et enfin, peu de planification à long terme.
Les lacunes dans l'approvisionnement ont été comblées grâce à des
investissements de plus de 10 milliards de dollars, afin de garder les
lumières allumées dans les foyers et les entreprises de la province.
Depuis 2003, environ 8 400 mégawatts (MW) de nouvelle énergie propre ont
été ajoutés au réseau — soit plus de 20 pour cent de la puissance
actuelle. Cette quantité d'électricité est suffisante pour alimenter des
villes de la taille d'Ottawa et de Toronto. L'Ontario a finalisé la
remise en fonction de l'unité 1 de la centrale Pickering et a facilité
la mise en oeuvre d'autres projets hydroélectriques. La province a
également investi 7 milliards de dollars afin d'améliorer quelque 5 000
kilomètres de lignes de transport et de distribution — l'équivalent de
la distance entre Toronto et Whitehorse (Yukon).
L'énergie de l'Ontario est devenue plus propre grâce à la fermeture
des centrales au charbon et l'investissement dans l'énergie
renouvelable. En 2005, le gouvernement a fermé définitivement la
centrale au charbon de Lakeview à Mississauga — ce qui équivalait à
retirer de la route 500 000 véhicules. La province est en voie
d'éliminer le charbon d'ici 2014, ce qui constitue l'initiative de lutte
au changement climatique la plus importante en Amérique du Nord.
L'Ontario est actuellement le chef de file canadien en matière
d'énergie solaire et éolienne, il accueille les quatre plus grandes
fermes éoliennes et solaires au pays. La province est en train
d'instaurer un réseau électrique intelligent qui contribuera à intégrer
les milliers de mégawatts de nouvelle énergie renouvelable qui
s'ajouteront grâce, entre autres, à ces projets.
Les programmes de conservation destinés au public ont été réintroduits
en Ontario en 2005 afin d'encourager et de motiver les familles, les
entreprises et industries à consommer moins d'énergie. La conservation
est maintenant une pierre angulaire de la planification à long terme des
besoins en électricité, sachant que tous les Ontariens — pour des
générations à venir — profiteront d'un air plus propre et d'une
empreinte carbone réduite.
En 2004, le gouvernement a adopté un barème de prix stables,
reflétant plus fidèlement le coût réel de l'électricité en Ontario.
Suite à cela, la Commission de l'énergie de l'Ontario (CEO) a rendu
publique, en 2005, la Grille tarifaire réglementée qui a apporté aux
consommateurs résidentiels et aux petites entreprises une certaine
prévisibilité quant aux prix de l'électricité. La CEO met à jour et
ajuste les prix tous les six mois afin de refléter le coût de
l'approvisionnement pour la période.
L'Ontario a également pris des mesures pour diminuer la dette que nous
a laissée le gouvernement précédent. Depuis 2003, l'Ontario a réduit
cette dette de 5,7 milliards
de dollars.
En 2004, le gouvernement a créé l'Office de l'électricité de l'Ontario
(OEO) et l'a chargé de la planification à long terme de l'énergie pour
l'Ontario. Ceci a déclenché un processus de planification assurant la
modernisation continue de l'infrastructure énergétique de l'Ontario. En
2007, l'OEO a préparé un plan énergétique sur 20 ans (connu sur le nom
de Plan pour le réseau d'électricité intégré ou PREI). Le plan de 2007
était axé sur la création d'un approvisionnement énergétique durable,
visant à améliorer les installations actuelles alimentées au gaz naturel
et à partir des sources d'énergie renouvelables, à un coût raisonnable
et réaliste. Le gouvernement a accompli des progrès importants
relativement aux divers éléments présentés dans le plan de 2007.
Depuis le plan de 2007, les avancées technologiques, les tendances
démographiques, les changements survenus dans l'économie et les progrès
accomplis dans le secteur de l'énergie renouvelable (grâce au Programme
de tarifs rachat garantis) font en sorte que l'Ontario doit mettre son
plan à jour. Ce plan énergétique à long terme à jour permettra de
s'assurer que l'Ontario est en mesure de répondre aux besoins d'une
économie en évolution et aux changements survenant dans la demande
d'électricité, tout en fournissant de l'électricité à un prix abordable.
Actuellement, la capacité de production de la filière énergétique de
l'Ontario est d'environ 35 000 MW. Selon l'Office de l'électricité de
l'Ontario (OEO), il faudra renouveler, remplacer ou ajouter plus de 15
000 MW d'ici 2030. Grâce à la puissance ajoutée au réseau au cours des
dernières années, l'Ontario dispose d'une certaine marge de manoeuvre.
Le défi consiste à faire un choix équilibré parmi les sources possibles
et à investir les sommes nécessaires pour moderniser l'infrastructure
énergétique de l'Ontario, afin de répondre aux besoins futurs.
Grâce à des projets en cours de réalisation, la province sera en
mesure de répondre à la demande d'électricité jusqu'à 2015. L'Ontario
doit planifier dès maintenant l'amélioration de sa capacité de
production, de sorte à être en mesure de répondre aux besoins de la
province après 2015. Les facteurs suivants font en sorte que l'Ontario
doit planifier à l'avance :
• L'insuffisance dans les investissements effectués entre 1995 et 2003
s'est traduite par un système d'approvisionnement vieillissant et très
peu de production nouvelle.
• Une production propre additionnelle sera nécessaire pour éliminer
complètement le charbon de l'approvisionnement diversifié après 2014.
• Il faudra stopper les centrales nucléaires pendant leur remise à niveau.
• L'on prévoit une augmentation de la population.
Pour répondre à ces besoins, l'Ontario a besoin d'un approvisionnement
diversifié. Chaque type de production a son rôle à jouer dans la
filière énergétique pour combler les besoins en électricité. Il faut à
l'Ontario la bonne combinaison d'actifs afin d'assurer un
approvisionnement diversifié équilibré qui soit fiable, moderne, propre
et rentable en termes de coût.
L'Ontario doit également, d'abord et avant tout, faire le meilleur
usage possible des actifs actuels et moderniser, agrandir ou convertir
les installations.
Un réseau fiable doit pouvoir compter à la fois sur de petits et
grands producteurs. L'énergie nucléaire continuera à fournir un
approvisionnement fiable répondant à environ 50 pour cent des besoins de
la province. Elle ne produit aucun polluant atmosphérique ni émission
pendant la production. L'énergie hydroélectrique est en expansion, grâce
à la capacité additionnelle qui proviendra du projet de tunnel sous la
Niagara et du projet de la Lower Mattagami — deux projets produisant de
l'énergie propre à partir de sources d'énergie renouvelables et
gratuite. Les centrales au gaz naturel ont la souplesse nécessaire pour
répondre lorsque la demande est élevée — agissant en tant que source
d'appoint pour les heures de pointe ou en tant que réserve. Le gaz
naturel est le plus propre des combustibles fossiles; il émet moins de
la moitié du dioxyde de carbone produit par le charbon.
L'Ontario planifie également la production future qui sera axée sur
une production locale, efficiente, à partir de centrales plus petites et
plus propres, plutôt que d'être exclusivement axée sur les grandes
installations centralisées nécessitant le transport de l'électricité sur
de longues distances. On appelle « production décentralisée » une telle
stratégie. La production décentralisée ouvre également des possibilités
pour les petits producteurs, permettant aux particuliers, aux
collectivités autochtones et aux petites coopératives ou aux petits
partenariats de se lancer dans la production.
L'énergie renouvelable — vent, soleil, eau et bioénergie — constitue
une partie importante de l'approvisionnement diversifié. Une fois les
sommes initiales investies dans l'équipement et l'infrastructure, le
combustible est peu coûteux et les émissions de gaz à effet de serre
sont inexistantes ou très faibles. Grâce à l'énergie renouvelable, il
est maintenant possible de produire de l'électricité dans les régions
urbaines et rurales, ce qui n'était pas possible autrefois.
Dans le cadre de l'élaboration du présent rapport, le gouvernement a
entendu plus de 2 500 Ontariens (particuliers, groupes du secteur de
l'énergie, représentants de la collectivité, chefs des Premières nations
et des Métis et groupes autochtones). Le présent rapport tient compte
de leurs opinions. En outre, l'Office de l'électricité de l'Ontario
(OEO), Hydro One, l'Ontario Power Generation (OPG), la Commission de
l'énergie de l'Ontario (CEO) et la Société indépendante d'exploitation
du réseau d'électricité (SIERE) ont fourni des données et des conseils.
Le plan énergétique à long terme de l'Ontario guidera la province dans
l'édification d'un réseau électrique propre, moderne et fiable pour les
familles de l'Ontario, maintenant et pour des années à venir. Il
permettra à l'Ontario de demeurer un chef de file en Amérique du Nord en
matière d'emplois et de technologies de l'énergie propre et lui
permettra également de se libérer totalement du charbon d'ici 2014.
Voici les principales caractéristiques du plan :
• L'on s'attend à ce que la demande connaisse une hausse modérée (environ 15 pour cent) entre 2010 et 2030.
• L'Ontario sera totalement débarrassé du charbon d'ici 2014.
L'élimination de la production à partir du charbon représentera la
majeure partie de l'objectif de réduction des gaz à effet de serre que
veut atteindre le gouvernement d'ici 2014. Deux unités de la centrale au
charbon deThunder Bay seront converties au gaz et Atikokan sera
convertie à la biomasse. Deux autres unités de Nanticoke seront fermées
en 2011.
• Le gouvernement s'est engagé à ce que le nucléaire, propre et
fiable, continue à fournir environ 50 pour cent de l'approvisionnement
en électricité de la province. Pour ce faire, il faudra moderniser les
unités des centrales Darlington et Bruce et la province devra ajouter
deux nouvelles unités nucléaires à la centrale Darlington.
L'investissement dans la remise à niveau de la centrale Pickering B, qui
permettra d'en prolonger la durée de vie jusqu'en 2020, est une mesure
de saine gestion, favorable aux Ontariens.
• L'Ontario continuera à augmenter sa capacité hydroélectrique en vue
d'atteindre 9 000 MW. L'objectif sera atteint par le biais de nouvelles
constructions et des investissements importants visant à maximiser
l'utilisation des installations ontariennes existantes.
• L'objectif de l'Ontario, soit une production propre, renouvelable,
provenant du vent, du soleil et de la biomasse se chiffrant à 10 700 MW
d'ici 2018 (exclusion faite de l'hydroélectricité) – pourra être atteint
grâce à l'expansion du réseau de transport et à l'utilisation optimale
de la filière existante. L'Ontario continuera à développer l'économie de
l'énergie propre en poursuivant le Programme de TRG et le Programme de
TRG pour les micros projets.
• La production à partir du gaz naturel en période de pointe sera
utile pour combler certains besoins locaux et suppléer à la fiabilité du
réseau. Le gaz naturel servira de soutien à mesure qu'augmente le
recours aux sources renouvelables au fil du temps et viendra suppléer la
modernisation des centrales nucléaires.
• La production combinée électricité-chaleur est une source d'énergie
efficiente et l'OEO mettra au point un programme d'offre standard pour
les projets de moins de 20 MW.
• L'Ontario procédera en priorité à la réalisation de cinq projets de
transport nécessaires dans l'immédiat pour assurer la fiabilité,
permettre l'accroissement de la production à partir de sources
renouvelables et s'ajuster à la demande. Les plans ultérieurs définiront
d'autres projets au fur et à mesure qu'ils s'avéreront nécessaires.
• L'Ontario est un chef de file en matière de conservation et le
gouvernement continuera à viser plus haut, fixant son objectif à 7 100
MW, et réduisant la demande globale de 28 térawatts-heures (TWh) d'ici
2030.
• Au cours des 20 prochaines années, des investissements estimés à un total de
87 milliards de dollars contribueront à faire en sorte que l'Ontario dispose d'une
filière énergétique propre, moderne et fiable.
• Les mesures décrites dans le présent plan contribueront à créer et maintenir des
emplois et des investissements dans l'économie de l'énergie propre de l'Ontario,
en pleine croissance.
• Les factures résidentielles augmenteront vraisemblablement de 3,5
pour cent par année, pendant les 20 prochaines années. Les factures
industrielles augmenteront vraisemblablement de 2,7 pour cent par année,
pendant les 20 prochaines années.
• La Prestation ontarienne pour l'énergie propre proposée par le
gouvernement donnera aux familles, aux agriculteurs et aux petites
entreprises de l'Ontario une prestation équivalant à 10 pour cent de
leur facture d'électricité, pendant cinq ans.
Ce plan aidera l'Ontario à répondre à ses besoins en électricité
jusqu'en 2030 et à construire une filière énergétique moderne, propre et
fiable qui fournira de l'électricité
aux foyers et aux entreprises de l'Ontario pendant des générations.
Contrairement à d'autres formes d'énergie, l'électricité n'est pas
facile à entreposer. La filière énergétique de l'Ontario doit être
capable de produire et de transporter suffisamment d'électricité pour
répondre à la demande fluctuante – toute la journée et toute la nuit,
chaque jour et chaque nuit
L'Ontario fait partie d'une grille interreliée composée de milliers de
producteurs reliés les uns aux autres par des dizaines de milliers de
kilomètres de lignes de transport traversant des frontières
internationales, provinciales et régionales. L'interconnectivité de la
grille, soutenue par des normes de fiabilité obligatoires, contribue à
assurer un approvisionnement énergétique stable, même si des composantes
principales viennent à manquer ou si la demande surpasse les ressources
intérieures. L'échange d'électricité survient dans le cadre de ce
système interconnecté — par exemple, entre l'Ontario, le Québec et les
É.-U. — chaque jour. En 2003, l'Ontario était un importateur net et une
grande partie de l'approvisionnement importé provenait de l'électricité
américaine produite à l'aide du charbon, ce qui augmentait les prix et
avait un effet négatif sur la qualité de l'air de l'Ontario. L'Ontario
est maintenant un exportateur net d'électricité.
La demande d'électricité en Ontario a diminué, après avoir atteint des
sommets en 2005. Au cours des 10 prochaines années, l'on s'attend à ce
que la demande soit de nouveau à la hausse, après la récente récession,
et demeure relativement stable, étant donné les efforts de conservation
et une économie en évolution qui ont pour effet de modifier les besoins
énergétiques de la province.
Réalisations
Les familles et les entreprises de l'Ontario ont contribué à conserver
l'énergie grâce aux divers programmes de conservation et en
privilégiant les heures creuses pour utiliser l'électricité.
• Les initiatives de conservation de l'Ontario ont porté fruit. Depuis
2005, les Ontariens ont économisé suffisamment d'énergie pour répondre
aux besoins combinés de Mississauga et de Windsor.
• peaksaver®, un programme de réduction de la demande d'électricité
s'appliquant aux résidences et aux petites entreprises qui permet de
réduire temporairement l'utilisation des systèmes de climatisation a
permis d'économiser suffisamment d'électricité pour alimenter une ville
de la taille de Thunder Bay.
Les besoins futurs
La demande a repris progressivement en 2010, suite à la récession
économique mondiale. La demande future dépendra d'un certain nombre de
facteurs, notamment : la vitesse de la relance économique en Ontario, la
croissance de la population et du nombre de foyers, l'utilisation
accrue de l'électronique dans les appareils et les systèmes audiovisuels
domestiques, la vitesse de la relance chez les grandes industries
énergivores et la composition de l'économie (p. ex., virage vers des
emplois de haute technologie et les services). La demande sera également
influencée par la mesure dans laquelle les efforts de conservation
porteront fruit, ainsi que le potentiel d'électrification des systèmes
de transport public et le nombre de véhicules électriques sur les
routes. La température peut également avoir un effet important. Les
prévisions montrent également une faible corrélation entre la croissance
du PIB et la demande en électricité.
Pour faire face à l'entretien, aux grosses tempêtes ou aux changements
importants survenant dans la quantité d'électricité dont la province a
besoin, il est important d'avoir une capacité de production en réserve.
Le plan
Se fondant sur l'analyse de l'OEO, ce plan présente trois scénarios
potentiels (excluant la conservation) concernant la demande
d'électricité :
1. Une croissance modeste (en jaune) présume que les secteurs
manufacturier et industriel de l'Ontario continueront à connaître une
croissance modeste conforme à la tendance actuelle. Une partie de la
baisse récente de la consommation est attribuable à la conservation, une
partie à la restructuration dans les divers secteurs industriels et une
partie est attribuable à la récession. Cette prévision est fondée sur
un taux de croissance inférieur à ceux des deux autres scénarios. Elle
présume en outre que seulement 13 pour cent des gens utilisent
l'électricité pour le chauffage et que 30 pour cent de la croissance
sont attribuables aux petits appareils électriques.
2. Une croissance moyenne (en brun) représente une croissance modérée du secteur industriel et de la population. Ce scénario présume que la croissance se poursuivra dans les secteurs résidentiel et commercial, ainsi que dans les transports. Cette révision présume un accroissement de la tendance vers les industries de haute technologie et de services et une croissance de la population provinciale un peu plus élevée que dans le scénario de croissance modeste. Ce scénario est conforme à l'objectif actuel du gouvernement relativement aux voitures électriques : 5 pour cent d'ici 2020.
3. La croissance forte (orange), ou une électrification vigoureuse,
présume une augmentation importante dans les transports électriques —
tant publics que privés. Elle présume l'adoption de règlements
volontaristes sur les gaz à effet de serre en Amérique du Nord, une
croissance démographique plus rapide que dans le scénario de croissance
modeste, des changements importants dans le secteur industriel et, d'ici
2030, la présence sur les routes de véhicules électriques dans une
proportion d'environ 12 pour cent.
Une fois formulées les prévisions de la demande à long terme,
l'Ontario doit déterminer la façon la plus efficace de répondre à la
demande, de sorte que l'approvisionnement ne comporte aucune lacune.
L'Ontario requiert un approvisionnement diversifié qui soit équilibré,
rentable et propre, qui soutienne l'économie, soit moderne, capable de
s'adapter aux changements à venir et fournisse une électricité propre et
fiable aux familles et aux commerces de l'Ontario pour les générations à
venir.
Un réseau énergétique propre et fiable doit pouvoir compter sur des
ressources équilibrées. Une filière énergétique bien planifiée comprend
un approvisionnement durable diversifié répondant aux requêtes du
public. Cela signifie également rechercher constamment les économies et
faire une utilisation optimale des ressources actuelles.
L'approvisionnement diversifié de l'Ontario inclut les sources suivantes
:
• Conservation : c'est la première et la meilleure des ressources, car
elle réduit la consommation et, par conséquent, la demande imposée à la
filière énergétique.
S'il n'est pas nécessaire de construire de nouvelles installations, tous les consommateurs profitent des économies réalisées.
• Production de base : sources de production, par exemple les
centrales nucléaires ou hydroélectriques, conçues pour fonctionner en
mode continu (p. ex., les chutes Niagara). La production de base est,
comme son nom l'indique, la base d'un approvisionnement diversifié
stable et fiable.
• Production variable ou intermittente : sources de production ne
fonctionnant qu'à certains moments, par exemple les projets d'éoliennes
et les projets solaires. Celles-ci sont des contributeurs importants
dans un approvisionnement diversifié propre.
• Production intermédiaire ou de pointe : des sources d'électricité
qu'il est possible d'augmenter ou de diminuer selon les changements dans
la demande au fil de la journée, par exemple, les centrales alimentées
au gaz naturel et les centrales hydroélectriques dotées d'une certaine
capacité d'emmagasinage. Ces sources servent également de « coussin de
sécurité » à la filière, pour assurer la fiabilité de celle-ci
lorsqu'elle la demande est à son maximum.
Un tel approvisionnement diversifié vise l'équilibre entre la
fiabilité, les coûts et la performance du point de vue de
l'environnement.
Décider d'un approvisionnement diversifié et des investissements à
faire implique des choix et des compromis. Il est préférable de faire
appel à une diversité de sources d'approvisionnement — certaines conçues
pour répondre aux besoins de base, certaines conçues pour répondre aux
besoins en périodes de pointe — que de dépendre d'une source unique.
Pour ce plan à long terme, le gouvernement a pris en compte les enjeux
relatifs à l'environnement, à l'économie, à la santé, à la société et
aux coûts, afin d'en arriver au meilleur approvisionnement diversifié
possible.
Un tel approvisionnement diversifié amélioré sera plus propre, plus
durable, plus moderne et plus fiable. Il élimine plus rapidement le
charbon, modernise le parc nucléaire de l'Ontario, inclut davantage de
sources renouvelables, maximise l'énergie hydroélectrique à court terme
et rapproche l'Ontario de ses objectifs en matière de conservation.
D'ici 2030, l'Ontario aura complètement éliminé le charbon comme
source de production et aura augmenté la production provenant du vent,
du soleil et de la bioénergie, de moins d'un pour cent de la capacité de
production totale, à presque 13 pour cent. Dans le but d'assurer la
fiabilité, il sera nécessaire de faire une utilisation stratégique du
gaz naturel pour compléter la production à partir de sources
renouvelables. L'énergie nucléaire continuera à répondre à environ 50
pour cent des besoins de l'Ontario.
Le chapitre suivant jette un regard sur les diverses composantes de l'approvisionnement énergétique de l'Ontario :
• le charbon
• le nucléaire
• les sources d'énergie renouvelables : l'hydroélectrique
• les sources d'énergie renouvelables : le vent, le soleil et la bioénergie
• Le gaz naturel
• la production combinée chaleur-électricité (PCCE)
Les centrales au charbon cesseront de brûler du charbon en 2014.
L'Ontario fermera deux autres unités de la centrale de Nanticoke avant
la fin de 2011.
Le gouvernement reconnaît les avantages potentiels qu'il y a à
poursuivre l'utilisation des installations et des sites de production
d'électricité. Les centrales au charbon pourraient être converties à
d'autres combustibles, par exemple le gaz naturel. Tout comme c'est le
cas pour le charbon, la biomasse et le gaz naturel peuvent fournir de
l'électricité sur demande en période de pointe.
Conformément au Plan de croissance proposé du Nord de l'Ontario et aux
besoins futurs du Cercle de feu, la province remplace de charbon à
Atikokan et à Thunder Bay et convertit ces installations à des
combustibles plus propres.
La conversion du charbon à la biomasse à la centrale d'Atikokan d'ici
2013 permettra de créer jusqu'à 200 emplois dans la construction et
contribuera à protéger les emplois à la centrale. Elle permettra en
outre de soutenir des emplois en Ontario dans le domaine de la
production des granules de bois, ainsi que d'autres emplois dans le
secteur forestier. Il faut compter jusqu'à trois ans pour mener le
projet à terme. La centrale ainsi transformée devrait produire 150
millions de kilowattheures d'énergie. À partir de sources renouvelables,
soit suffisamment pour alimenter 15 000 foyers chaque année.
À la centrale de Thunder Bay, deux unités seront converties au gaz
naturel dans un laps de temps comparable. La centrale de Thunder Bay est
nécessaire, non seulement pour l'approvisionnement de la ville de
Thunder Bay elle-même, mais également pour la fiabilité de la filière
énergétique dans le Nord-Ouest de l'Ontario, particulièrement pendant
les périodes de production hydroélectrique réduites et jusqu'à ce que
l'amélioration proposée de la ligne Est-Ouest soit terminée. Le
gouvernement s'entendra avec les fournisseurs concernant le processus de
planification de la conversion des unités de Thunder Bay.
L'Ontario continuera à explorer la possibilité d'accélérer la
fermeture des six unités qui restent (quatre à Nanticoke et deux à
Lambton), compte tenu de l'impact de ces fermetures sur la fiabilité de
la filière énergétique.
L'Ontario surveillera le déroulement de l'exploitation continue des
unités nucléaires de Pickering. Le gouvernement espère avoir, en 2012,
une mise à jour des progrès réalisés concernant la prolongation de la
durée de vie de ces unités. À ce moment, l'Ontario envisagera la
conversion possible au gaz naturel de certaines des unités de Nanticoke
et de Lambton, si nécessaire pour assurer la fiabilité du système. Étant
donné le délai d'approvisionnement, il faudra commencer bientôt les
travaux de planification et d'autorisation concernant l'infrastructure
de pipeline pour l'acheminement du gaz naturel à Nanticoke.
L'Ontario continuera à explorer les possibilités de cogénération de la
biomasse et du gaz naturel pour toutes les unités converties au gaz
naturel. Les décisions concernant d'autres conversions possibles à la
biomasse devront reposer sur une réflexion approfondie concernant la
capacité d'apporter l'approvisionnement en combustible et le coût de la
conversion.
L'énergie nucléaire est une source fiable et sécuritaire répondant
aux besoins de production de base de la province – elle compte pour
environ 36 pour cent de la puissance installée de la province. L'énergie
nucléaire fonctionne 24 heures par jour, sept jours par semaine et
fournit environ 50 pour cent de l'électricité produite en Ontario.
L'énergie nucléaire ne produit aucune pollution atmosphérique primaire
et n'émet aucun gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Les centrales nucléaires peuvent fonctionner de façon continue,
fournissant une source d'énergie abondante et régulière pendant des
décennies, à des prix stables. En outre, le coût du combustible des
centrales nucléaires ne constitue qu'une petite portion de son coût
total, de sorte que l'énergie provenant du nucléaire n'est généralement
pas touchée par les augmentations ou les fluctuations des prix du
combustible.
Au cours des 10 à 15 premières années du présent plan, l'on procèdera
à la remise à niveau de quelque 10 000 MW de puissance nucléaire
existante. L'investissement doit viser d'abord et avant tout
l'amélioration des biens existants, de sorte que ces installations
continuent à produire une électricité fiable et abordable. Un calendrier
coordonné des remises à niveau a été préparé en 2009 par un groupe de
travail comprenant l'OPG, Bruce Power, l'OEO et le ministère de
l'Énergie. Ce calendrier sera révisé et mis à jour régulièrement afin de
refléter les données les plus récentes concernant les ressources, ainsi
que la performance et l'état des centrales.
Le gouvernement est déterminé à continuer à avoir recours à l'énergie
nucléaire pour fournir 50 pour cent de l'approvisionnement de l'Ontario —
une puissance de 12 000 MW fournira cette quantité d'énergie. Le reste
de la capacité de production nucléaire de
10 000 MW des centrales Darlington et Bruce devra être remis à neuf et modernisé.
Le reste de la puissance nucléaire dont aura besoin l'Ontario pour
répondre à la demande projetée (environ 2 000 MW) proviendra de la
construction de nouvelles installations nucléaires à Darlington.
La construction d'une nouvelle infrastructure nucléaire implique des
délais importants (8 à 10 ans avant l'exploitation commerciale) et, bien
qu'un approvisionnement nouveau soit nécessaire en Ontario, il doit
être fourni à un prix équitable pour les contribuables. Tant les remises
à neuf que les nouvelles constructions auront un impact positif
important sur les économies locales – et offriront des possibilités
d'emploi considérables.
En février 2008, le gouvernement de l'Ontario a entamé le processus
d'acquisition visant à faire construire deux unités sur le site de
Darlington. Énergie atomique du Canada limitée (EACL) était l'un des
trois fournisseurs qui ont respecté la date de soumission des
propositions, en février de 2009. L'EACL semble être le seul promoteur
conforme dans le cadre du processus; toutefois, le prix demandé par
l'EACL dépasse l'objectif de la province. L'Ontario a donc cherché à en
venir à un accord avec cette société afin d'obtenir les unités à un prix
acceptable.
Lors des discussions entre le gouvernement de l'Ontario et le
gouvernement fédéral, ce dernier a annoncé son intention de vendre
l'EACL en mai 2009. La nouvelle a provoqué l'incertitude dans le
processus d'acquisition de l'Ontario. Cette position d'incertitude dans
laquelle le gouvernement fédéral a placé l'EACL, à laquelle s'ajoute un
coût beaucoup plus élevé que prévu, a fait en sorte qu'il était très
difficile pour l'Ontario d'acquérir des unités à un prix qui soit dans
l'intérêt des contribuables. Par conséquent, l'Ontario a suspendu le
processus de demande de propositions en juin 2009.
La province a poursuivi la discussion avec l'EACL, en tant que seul
soumissionnaire conforme, dans l'espoir qu'un accord pourrait quand même
être atteint. Les pourparlers n'ont pas permis de réaliser des progrès
sensibles. Par conséquent, le premier ministre de l'Ontario a écrit au
premier ministre du Canada pour lui demander de stopper le processus de
vente de l'EACL. L'Ontario était d'avis que les deux paliers de
gouvernement devraient tenter de terminer le processus d'acquisition
avec l'EACL avant que cette dernière ne soit vendue, de sorte qu'il soit
possible de répondre aux importants besoins de la province en matière
de remise à niveau de ses unités nucléaires et de construction de
nouvelles unités, tout en protégeant des emplois et en préservant
l'industrie au Canada. Le gouvernement fédéral n'a pas retenu cette
proposition et le processus se poursuit, sans qu'un accord avec
l'Ontario ait pu être finalisé.
On s'attend à ce que le gouvernement fédéral sélectionne un
fournisseur d'ici la fin de la présente année. L'Ontario s'attend à ce
que le gouvernement fédéral restructure l'EACL de façon à permettre à
l'Ontario de finaliser un accord avec le nouveau propriétaire, à un prix
qui soit dans l'intérêt des contribuables.
La diminution de la demande et l'ajout de nouvelles sources
d'approvisionnement au cours des dernières années signifient que
l'Ontario est bien placé pour examiner un certain nombre d'options
relativement à la négociation d'une nouvelle production d'énergie
nucléaire au moment opportun, à un prix acceptable.
Entre-temps, l'OPG poursuit deux initiatives entreprises avant la
suspension du processus d'acquisition de nouveaux réacteurs :
l'évaluation environnementale et l'obtention d'un permis de préparation
du site de Darlington. Il est essentiel que la province se tienne prête à
construire de nouveaux réacteurs dans le cadre de l'engagement continu
du gouvernement à moderniser le parc nucléaire de l'Ontario.
L'OPG investira 300 millions de dollars pour assurer le fonctionnement
sécuritaire et fiable de la centrale Pickering B pendant environ 10
ans, soit jusqu'en 2020. Suite à cela, l'OPG entamera le long processus
de mise hors service et collaborera avec la collectivité de Pickering et
avec le comité consultatif afin d'explorer des possibilités pour le
site.
Un rapport de Manufacturiers et Exportateurs du Canada publié en 2010
estime que la remise à niveau et l'exploitation des réacteurs de Bruce
et Darlington apporteront des avantages considérables en termes
d'emplois et d'économie : presque 25 000 emplois
et une activité économique annuelle de 5 milliards de dollars.
Dans le cadre de l'élaboration d'une stratégie d'acquisition de
nouveaux réacteurs et de modernisation, l'Ontario prendra les mesures
suivantes :
• Obtenir un contrat à un prix acceptable pour la construction de nouveaux réacteurs dans le délai précisé.
• Obtenir pour ce projet des modalités qui sont dans l'intérêt des contribuables.
• Retenir dans la province le maximum d'emplois hautement qualifiés et
bien payés dans l'industrie nucléaire, tout en fournissant à cette
industrie des possibilités de croissance à long terme.
L'investissement de 7 milliards de dollars, de l'énergie verte, sous
la direction de la Samsung C&T Corporation et de la Korea Electric
Power Corporation (consortium), est le plus important investissement
unique dans l'énergie renouvelable de l'histoire de la province. Cet
investissement rendra possible les réalisations suivantes :
• Construire des installations éoliennes et solaires produisant 2 500 MW.
• Livrer environ 110 millions de mégawattheures d'électricité, sans
production d'émissions, au cours des 25 ans de durée de vie du projet —
suffisamment pour alimenter tous les foyers de l'Ontario pendant près de
trois ans.
• Créer plus de 16 000 nouveaux emplois axés sur l'énergie verte qui permettront
de fournir, construire, installer et exploiter les projets d'énergies renouvelables.
• Préparer la voie auprès des principaux partenaires afin d'attirer quatre usines
de fabrication.
De ces 16 000 emplois verts, l'on s'attend à ce que cet
investissement crée ou maintienne 1 440 emplois manufacturiers et autres
emplois connexes liés à la fabrication des produits nécessaires à la
technologie solaire et éolienne qui seront utilisés en Ontario et
exportés dans toute l'Amérique du Nord.
Dans le cadre d'un accord d'investissement dans l'énergie verte,
Samsung et Siemens ont annoncé des projets visant à construire la toute
première usine de fabrication de pales d'éoliennes de l'Ontario, ce qui
permettra de créer jusqu'à 900 emplois directs et indirects. Le
consortium négociera avec des partenaires manufacturiers afin
d'implanter trois autres usines en Ontario, pour la fabrication
d'éoliennes, d'onduleurs solaires et l'assemblage de modules solaires.
Dans le cadre de cet accord, trois des quatre installations devraient
être prêtes en 2013, alors que la quatrième devrait entrer en activité
d'ici la fin de 2015. Le consortium coréen a également l'intention
d'utiliser de l'acier fabriqué en Ontario et d'autres éléments de
provenance ontarienne dans ses projets d'énergie renouvelable pour la
construction d'éléments comme les tours d'éoliennes.
Plus de 20 sociétés ont annoncé publiquement au cours de l'année
écoulée des projets s'inscrivant dans l'économie de l'énergie propre de
l'Ontario. Ces sociétés exploitent actuellement ou projettent
d'exploiter des installations de fabrication d'éléments liés à l'énergie
solaire ou éoliennes, dans les catégories suivantes : modules solaires
PV, systèmes d'ancrage, onduleurs, pales d'éoliennes et éoliennes. Voici
quelques exemples récents :
• Heliene Inc., fabrication de modules à Sault-Sainte-Marie;
• Canadian Solar, fabriquera des modules à Guelph;
• Photowatt, fabriquera des à Cambridge;
• Samco, fabricant de pièces automobiles produisant maintenant également des systèmes d'ancrage solaire à Scarborough;
• Schletter, fabrique des systèmes d'ancrage solaire à Windsor;
• Sustainable Energy Technologies, en partenariat avec Melitron, fabriquera des onduleurs à Guelph;
• Satcon, fabrique des onduleurs à Burlington;
• Siemens, fabriquera des pales d'éolienne; et
• DMI Industries, fabricant d'éoliennes à Fort Érié.
Les besoins futurs
La province continuera à être un chef de file en matière de
développement et de production d'énergie renouvelable. La croissance du
secteur de l'énergie renouvelable sera influencée par la demande
d'électricité, la mesure dans laquelle la filière énergétique pourra
accommoder les ajouts au réseau, l'évolution continue du secteur des
technologies renouvelables et la demande mondiale pour la production
d'énergie renouvelable. Il deviendra nécessaire d'agrandir et de mettre à
niveau le réseau de transport et de distribution, afin d'augmenter la
capacité d'accueillir l'énergie renouvelable en Ontario.
Au fur et à mesure qu'augmentera en Ontario la proportion
d'électricité provenant de sources d'énergies renouvelables, et
qu'évolueront la recherche et l'innovation relatives à la technologie du
réseau intelligent, les possibilités de mise sur pied en Ontario de
projets d'énergies renouvelables, petits et grands, augmenteront
également.
Les possibilités d'emploi dans ce domaine se multiplieront également.
Les projets d'énergies renouvelables exigent une main-d'oeuvre
spécialisée, par exemple des ingénieurs, ainsi que des ouvriers de la
construction et de l'entretien partout dans la province. Au fur et à
mesure que seront mis en oeuvre les projets d'énergies renouvelables, la
demande de main-d'oeuvre qualifiée et de manoeuvres continuera à
fournir des emplois à des milliers d'Ontariens au cours de la décennie à
venir. L'évolution de la nouvelle technologie contribue également à
la création d'emplois spécialisés et d'opportunités économiques pour
l'Ontario.
L'Ontario continuera à développer son potentiel d'énergie
renouvelable au cours de la décennie à venir. D'après le scénario d'une
croissance moyenne de la demande d'électricité, l'on s'attend à ce que
l'approvisionnement diversifié comporte une production d'énergie
renouvelable (vent, soleil et bioénergie) de 10 700 MW d'ici 2018. Cette
révision est fondée sur l'agrandissement planifié du réseau de
transport, la demande totale d'électricité et la capacité d'intégrer à
la filière l'énergie produite à partir de sources renouvelables. Cette
production équivaut aux besoins annuels de 2 millions de foyers.
L'objectif de la province en matière d'énergies renouvelables sera
atteint grâce au développement des projets axés sur le vent, le soleil,
les biogaz, les gaz de sites d'enfouissement et la biomasse, un peu
partout en Ontario.
Les prochaines séries de projets de TRG seront reliées à la ligne de
transport Bruce-Milton et aux projets de transports prioritaires
mentionnés dans le cadre du présent plan énergétique à long terme. Ceci
rendra possible le branchement de projets qui produiront 4 000 MW de
nouvelle énergie renouvelable.
Sous peu, l'OEO divulguera des renseignements concernant toutes les
demandes de TRG n'ayant pas fait l'objet d'un contrat au 4 juin 2010.
Ces demandes feront l'objet du premier test économique de connectivité
(TEC) dans le cadre du programme de TRG. Le processus de TEC, qui sera
réalisé régulièrement et conformément aux principaux repères en matière
de planification et de développement de la filière, aidera à déterminer
si le coût de la modernisation du réseau, nécessaire pour raccorder un
projet de TRG, est rentable.
Pour la période après 2018, et compte tenu des changements survenant
dans la demande, l'Ontario cherchera des façons d'augmenter la mise en
oeuvre de projets d'énergies renouvelables et d'accroître la puissance
provenant de sources renouvelables dans la province. L'Ontario
réexaminera les prévisions de la demande d'électricité dans le prochain
plan énergétique à long terme, afin de déterminer s'il est nécessaire de
prévoir une plus grande puissance produite à partir des sources
d'énergie renouvelables.
Les prix des contrats de TRG ont été établis après des consultations
approfondies et sont conçus pour assurer aux investisseurs un retour
raisonnable sur leur investissement, tout en fournissant aux
contribuables de l'Ontario une énergie propre, renouvelable, à un bon
prix.
Dans le cadre de l'examen biennal du Programme de TRG qui aura lieu en
2011, le prix de l'énergie de sources renouvelables en Ontario sera
révisé. Divers programmes de TRG durables et qui fonctionnent bien dans
divers pays (par exemple, l'Allemagne, la France et le Danemark) ont
diminué les incitatifs tarifaires. Les progrès de la technologie et les
économies d'échelle réduisent le coût de production. Un nouveau barème
de prix sera soigneusement établi de sorte à atteindre un équilibre
entre l'intérêt des contribuables et l'encouragement à investir dans la
nouvelle production d'énergie propre en Ontario.
Le Programme de TRG pour les micro-projets et le Programme de TRG ont
reçu un accueil extrêmement enthousiaste. Des milliers d'Ontariens
participent au programme, alimentant le réseau en énergie propre.
Étant donné la popularité de l'économie de l'énergie propre de
l'Ontario, en pleine expansion, le nombre de demandes présentées au
Programme de TRG pour les micro-projets et au programme d'exemption des
limites de production dépasse les mises à niveau dont le réseau a
besoin. Pour assurer la croissance continue des petits projets d'énergie
propre, l'Ontario devra continuer à investir dans les mises à niveau
des réseaux de transport et de distribution nécessaires pour accommoder
l'approvisionnement de sources renouvelables.
Dans les régions comportant des défis techniques, l'OEO, Hydro One et
les sociétés de distribution locale continueront à collaborer avec les
promoteurs qui ont déjà présenté une demande au programme d'exemption
des limites de production ou au Programme de TRG pour les micro-projets.
Les centrales au gaz naturel ont la souplesse nécessaire pour
répondre rapidement aux changements survenant dans la demande, ce qui en
fait un « coussin de sécurité » important pour la filière énergétique
de l'Ontario — en particulier en périodes
de pointe.
L'on produit de l'électricité à partir du gaz naturel en brûlant ce
dernier pour alimenter directement une turbine au gaz ou encore pour
produire de la vapeur qui actionnera une turbine à vapeur. Une centrale
au gaz à cycle combiné regroupe ces deux technologies. Le gaz naturel
peut compléter l'approvisionnement de base et, parce qu'il permet de
réagir rapidement aux augmentations de la demande, il peut également
compléter la nature intermittente de la production d'électricité à
partir du vent et du soleil.
Le gaz naturel est beaucoup plus propre que le charbon. Certaines
émissions atmosphériques – en particulier le mercure et l'anhydride
sulfureux – sont totalement éliminées lorsque le gaz naturel remplace le
charbon. Les émissions de dioxyde de carbone sont réduites de 40 à 60
pour cent. Actuellement, la capacité de production d'électricité de
l'Ontario à partir du gaz naturel est de plus de 9 500 MW.
En remplaçant le charbon par du gaz naturel et des sources d'énergies
renouvelables, l'Ontario a considérablement réduit les émissions de gaz à
effet de serre provenant de son approvisionnement diversifié. Cette
politique a préparé l'Ontario à l'adoption possible de règlements sur
les gaz à effet de serre sur le marché nord-américain.
Le gaz naturel continuera à jouer un rôle stratégique dans
l'approvisionnement diversifié de l'Ontario, car il contribue aux
objectifs suivants :
• soutenir l'approvisionnement intermittent provenant des sources d'énergie renouvelables tels le vent et le soleil;
• répond aux besoins locaux et assure la fiabilité la filière énergétique;
• assure une puissance suffisante pendant la modernisation des centrales nucléaires.
Le plan de 2007 prévoyait que trois nouvelles centrales au gaz
seraient nécessaires dans la province, dont l'une dans la région de
Kitchener-Waterloo-Cambridge et l'autre dans le sud-ouest de la RGT.
Étant donné les changements survenus dans la demande, ainsi que l'ajout d'environ
8 400 MW d'approvisionnement nouveau depuis 2003, les prévisions ont
changé et deux des trois centrales — y compris la centrale proposée
d'Oakville — ne sont plus nécessaires. Toutefois, une solution devra
être trouvée, relativement au transport, afin de maintenir un
approvisionnement fiable dans le Sud-Ouest de la RGT.
Comme le précisait le plan de 2007, l'acquisition d'une centrale au
gaz naturel dans la région de Kitchener-Waterloo-Cambridge demeure
nécessaire pour la demande de pointe. Dans cette région, la demande
augmente plus de deux fois plus rapidement que dans le reste de la
province.
L'Ontario met ses biens existants à profit grâce à la conversion au
gaz naturel de deux unités au charbon situées à Thunder Bay. (Voir la
section sur le charbon en page 21.)
Au cours des quelques années à venir, les contrats de production
indépendants, passés entre le secteur privé et l'ancien Ontario Hydro au
début des années 1990, commenceront à arriver à terme. Bon nombre de
ceux-ci sont axés sur la production au gaz naturel. Ces producteurs
autonomes — appelés NUGs en anglais — font partie de l'approvisionnement
diversifié de l'Ontario depuis 20 ans. Ils peuvent contribuer jusqu'à 1
550 MW d'énergie propre à la filière énergétique. Les contrats avec les
producteurs autonomes sont actuellement détenus par la Société
financière de l'industrie de l'électricité de l'Ontario, un organisme
relevant du ministère des Finances.
Au fur et à mesure que se termineront les contrats des producteurs
autonomes, la SIERE et l'OEO détermineront si la production est toujours
nécessaire pour assurer la fiabilité. Le gouvernement demandera à l'OEO
d'élaborer des contrats susceptibles d'encourager les producteurs
autonomes à produire de l'électricité pendant les périodes de pointe,
moment le plus propice pour la filière énergétique. L'OEO sera autorisé à
passer de nouveaux contrats là où cette production est nécessaire et
négociera au nom des consommateurs la valeur optimale.
Tarification selon l'heure utilisation « En moyenne, la majorité des agriculteurs verront leur facture selon l'heure de consommation diminuer légèrement par rapport à la facture actuelle. Les avantages pour les agriculteurs seront modestes, les économies étant de l'ordre de un à cinq pour cent. Toutefois, les avantages pour la filière énergétique seront importantes... ». - Don McCabe, Fédération de l'agriculture de l'Ontario
L'Ontario est déjà un chef de file en Amérique du Nord en matière de
conservation (la province a conservé plus de 1 700 MW depuis 2005).
L'objectif du gouvernement est de
7 100 MW et de 28 TWh d'ici 2030. Ceci équivaudrait à retirer du
réseau 2,4 millions de foyers. Grâce à ce taux de conservation,
l'ampleur de la réduction des gaz à effet de serre en Ontario pourrait
atteindre jusqu'à 11 mégatonnes d'ici 2030. Ces objectifs sont parmi les
plus ambitieux en Amérique du Nord.
Dans le cadre de la Loi de 2002 sur l'énergie verte et l'économie
verte, les sociétés de distribution locale (SDL) seront davantage
associées à la conservation et se verront imposer, dans le cadre de
l'obtention de leur permis, des objectifs de conservation qu'ils devront
respecter. Les SDL respecteront leurs objectifs grâce à divers
programmes de conservation, à l'échelle locale et provinciale.
L'Ontario se propose de soutenir les propriétaires dans l'obtention
d'un bilan énergétique qui leur fera connaître les possibilités
d'amélioration de l'efficacité énergétique de leur résidence.
Objectifs en matière de conservation
Mentionnons certains des investissements de l'Ontario les plus récents :
• Le lancement du projet d'extension du réseau de transport de Bruce à
Milton — le plus important investissement dans l'infrastructure de
transport de l'Ontario au cours des 20 dernières années, qui permettra
de relier les unités nucléaires remises à niveau
et d'ajouter de nouvelles sources d'énergie renouvelables à la filière énergétique.
• Des efforts continus pour renforcer la capacité de transfert d'alimentation entre le
Nord et le Sud de l'Ontario, y compris 750 MW additionnels de
production d'électricité propre planifiée dans le Nord (projet de la
Lower Mattagami et
certains projets de TRG).
• Le nouveau projet d'interconnexion Ontario-Québec (2010) offre un accès accru à
1 250 MW d'énergie hydroélectrique et améliore la fiabilité du réseau dans l'Est
de l'Ontario.
• Projets de transport additionnels qui faciliteront l'élimination de
la production au charbon, y compris la consolidation des lignes de
transport dans la région de Sarnia, l'installation de nouveaux
transformateurs dans le nord de la RGT et des installations de soutien
de la tension dans la région de Niagara, London et de Kitchener. Ces
projets représentent un investissement de plus de 400 millions de
dollars.
• Plus de 15 pour cent des postes de transformation de l'Ontario ont
été remis en état au cours des cinq dernières années, pour un
investissement total de 150 millions de dollars
• L'installation de près de 4,3 millions de compteurs intelligents
dans la province, dont plusieurs aident déjà à gérer les pannes,
facilitent la lecture de compteurs à distance et réduisent le nombre
d'estimations pour le consommateur.
• Des investissements anticipés dans l'infrastructure et les
technologies du réseau intelligent, y compris des projets pilotes et des
projets de démonstration. Ces projets aideront l'Ontario à progresser
vers un réseau intelligent capable d'intégrer des appareils de contrôle
de l'énergie, des systèmes résidentiels automatisés, la production
d'énergie renouvelable domestique et les voitures électriques.
• Le Centre de conduite du réseau de Hydro One, aménagé au coût de 125
millions de dollars et entré en fonction en 2004, met à profit la
technologie la plus sophistiquée au monde afin de gérer efficacement
l'ensemble du réseau électrique de l'Ontario.
La fiabilité a également été améliorée depuis 2003 grâce à une
combinaison des éléments suivants : une production nouvelle, la mise à
niveau des lignes de transport, une baisse de la croissance de la
demande et des programmes de conservation qui fonctionnent bien. Par
exemple, la fiabilité à Toronto a été améliorée grâce à l'installation
de deux nouveaux câbles souterrains entre les stations de transfert du
centre-ville et sera également renforcée grâce à des projets de
consolidation et de mise à niveau d'une valeur d'environ 360 millions de
dollars. Les capitaux investis annuellement par les sociétés locales de
distribution de l'Ontario, dont Hydro One, se sont chiffrés en moyenne à
1,1 milliard de dollars entre 2004 2002, maintenant la fiabilité et la
qualité élevée de l'énergie pour les consommateurs d'électricité de
l'Ontario. Ces investissements ont rendu l'exploitation du réseau
encore plus efficace, en termes de coût, ce qui aura un impact à long
terme sur la facture des Ontariens.
Une distribution moderne
Les réseaux de distribution locaux constituent un maillon important
dans le transport de l'électricité, des producteurs aux résidences et
aux entreprises. En 2003, le réseau de distribution de l'Ontario
reposait souvent sur une technologie surannée. Le virage vers le réseau
intelligent entrepris par le gouvernement provient de la nécessité de
remplacer une infrastructure vieillissante, d'introduire davantage de
contrôle pour les consommateurs, d'incorporer une plus grande quantité
d'énergie verte et d'accommoder les nouvelles technologies d'adaptation,
par exemple, la recharge des véhicules électriques. Au fil du temps,
les SDL devront remplacer leur vieille infrastructure mécanique par une
nouvelle infrastructure automatisée afin de répondre aux besoins futurs
de l'Ontario.
Un réseau de distribution moderne doit être capable d'accueillir un
nouvel approvisionnement provenant d'une diversité de sources et de le
livrer de façon fiable aux consommateurs. Il doit mettre à profit les
technologies du réseau intelligent pour permettre la livraison
efficiente, à un juste prix, aider les consommateurs à mieux gérer leur
utilisation de l'électricité et intégrer davantage d'énergie
renouvelable.
La construction d'un réseau intelligent, capable de coordonner la
production d'énergie à partir d'un grand nombre de petits producteurs et
de permettre aux sociétés d'énergie de gérer de façon plus efficiente
leur infrastructure électrique, est un autre élément essentiel à
l'avenir énergétique propre de l'Ontario. D'autres entités territoriales
(Australie, Grande-Bretagne et Californie) se convertissent à un réseau
intelligent, mais c'est l'Ontario qui ouvre la voie dans bien des
domaines. En mettant à profit les technologies de communication
actuelles, un réseau intelligent rendra possible la circulation
bidirectionnelle de l'électricité
à travers le réseau. Le réseau intelligent contribuera à incorporer la
production décentralisée. Il améliorera également l'automatisation du
réseau grâce aux données en temps réel qui permettront d'économiser de
l'énergie, de réduire les coûts de l'approvisionnement au fil
du temps et d'augmenter la fiabilité.
Un réseau intelligent est une infrastructure plus intelligente qui
incorpore la technologie de la communication et l'automatisation, afin
d'atteindre les buts suivants :
• Faire le meilleur usage possible de l'infrastructure actuelle
o Plutôt que de construire davantage d'infrastructures de type
traditionnel (poteau, fils, etc.), un réseau intelligent mettra à profit
les solutions fournies par la technologie de l'information pour
améliorer et automatiser la distribution.
• Moderniser le réseau
o Le réseau de distribution actuel de plusieurs endroits est âgé de
dizaines d'années. Un réseau modernisé est essentiel pour améliorer la
fiabilité, l'automatisation domestique et s'adapter à l'évolution des
besoins en matière de transport.
• Préparer la voie pour les maisons intelligentes
o Un réseau intelligent sera composé de l'infrastructure intelligente
nécessaire pour supporter les applications de l'automatisation
domiciliaire, de la conservation et de la recharge intelligente des
véhicules électriques.
La Loi de 2009 sur l'énergie verte et économique a cerné trois
principaux domaines d'intérêt relativement au réseau intelligent de
l'Ontario :
• Aider les consommateurs à devenir des participants actifs en matière de conservation.
• Relier des sources d'énergie nouvelles et renouvelables à la filière
énergétique (les consommateurs et entreprises produisent de
l'électricité qui peut être raccordée au réseau local) afin de répondre à
la demande.
• Créer un réseau souple et adaptable, capable d'accommoder les
technologies d'économies d'énergie émergentes et novatrices, ainsi que
les systèmes de contrôle.
Les compteurs intelligents sont l'élément fondamental d'un réseau
intelligent et fournissent aux consommateurs des données précises, en
temps opportun, quant à l'utilisation qu'ils font de l'électricité. Les
compteurs intelligents informent également automatiquement les services
publics en cas de panne de courant, permettent de réaliser des économies
en relevant les compteurs à distance et rendent possible la
tarification selon l'heure de consommation.
Les compteurs intelligents contribuent également à éluder certains
coûts liés au réseau, qui sont autant d'économies pour les contribuables
: Hydro Ottawa a économisé 200 000 $ sur les frais liés au relevé des
compteurs en 2008 et Toronto Hydro estime que les compteurs intelligents
lui permettront de réduire ces mêmes frais de 2,5 millions $ d'ici 2010
ces
mêmes frais.
Les besoins futurs
Le gouvernement de l'Ontario, en collaboration avec ses organismes,
procédera de façon responsable à la réalisation d'un certain nombre de
projets de construction et de modernisation du réseau de transport,
ainsi qu'à des projets d'amélioration et d'entretien de l'infrastructure
actuelle de la province dans toutes les régions de l'Ontario. Ces
améliorations viseront l'équilibre en, d'une part, les enjeux
environnementaux et, d'autre part, le coût absorbé par les
contribuables. En plus d'évaluer le besoin de la province en termes de
transport afin d'être en mesure d'intégrer l'énergie provenant de
sources renouvelables, de répondre à la croissance de la demande dans la
province et d'assurer un service fiable, la planification du réseau
tiendra également compte des besoins des collectivités. Par exemple, une
solution de transport devra être trouvée, afin de maintenir un
approvisionnement fiable dans le Sud-Ouest de la RGT.
Le plan
En 2009, le gouvernement a demandé à Hydro One de commencer à
planifier et à mettre au point une série de nouveaux projets de
transport et de distribution. Depuis, différents développements ont pris
place, par exemple l'intérêt marqué pour la Loi de 2009 sur l'énergie
verte et économie verte, visant à mettre en oeuvre des projets d'énergie
renouvelable.
Selon les conseils de l'OEO, le gouvernement procédera de façon
prudente à la réalisation efficiente des projets de transports
prioritaires, afin de répondre à la demande actuelle et future et afin
d'atteindre également les buts suivants :
• accommoder les projets d'énergie renouvelable;
• desservir la charge nouvelle;
• soutenir la fiabilité.
L'Ontario effectuera tout d'abord un investissement d'environ 2
milliards de dollars dans la réalisation de cinq projets prioritaires au
cours des sept prochaines années, afin de s'assurer qu'un
approvisionnement diversifié croissant puisse être transporté de façon
fiable à travers la province. Ces projets prioritaires, la ligne de
Bruce à Milton, ainsi que diverses autres mises à niveau des centrales
et des circuits, rendront possible un approvisionnement en énergie
renouvelable additionnel d'environ 4 000 MW.
Étant donné la nature des remises à niveau du réseau de transport
dans le sud-ouest de l'Ontario, y compris une compensation série, la
réfection du câblage et une nouvelle ligne à l'ouest de London, le
gouvernement a l'intention de demander à Hydro One de procéder
immédiatement à la réalisation de ces projets.
Le projet de la ligne Est-Ouest sera soumis à l'OEO qui réalisera un
processus de sélection de la société de transport la plus compétente,
capable de construire la ligne de façon efficiente.
Afin de s'assurer de la construction réussie, en temps opportun, de la
ligne se rendant à Pickle Lake, le gouvernement collaborera avec ses
organismes et les multiples parties concernées, y compris le
gouvernement fédéral, les industries locales et les collectivités des
Premières nations qui bénéficieront de la réalisation du projet, afin de
convenir d'un calendrier d'exécution et d'un constructeur.
La planification du transport se poursuit également au niveau
régional, d'après une approche tenant compte de la conservation, de la
gestion de la demande, de la production décentralisée et du transport.
Les plans régionaux évalueront les besoins en fonction de la composition
des ressources et des priorités communautaires propres à une région. La
croissance de la charge et la fiabilité du réseau sont également des
facteurs dont il faut tenir compte dans la planification d'un réseau et
les solutions en matière de transport. L'Ontario continuera à planifier
et à étudier des projets de transport additionnels à mesure que
l'exigent la demande et les changements dans l'approvisionnement.
Dans le but de construire une filière énergétique moderne, le
gouvernement soumettra à la Commission de l'énergie de l'Ontario un
ensemble de principes et d'objectifs relatifs aux réseaux intelligents.
Celui-ci guidera les SLD dans leurs travaux de modernisation de leurs
réseaux de distribution et rendra possible la mise en oeuvre des maisons
intelligentes de l'avenir. Les SLD élaboreront des plans de réseaux
intelligents et s'assureront que ces plans sont coordonnés dans
l'ensemble de la province. Le gouvernement établira également, en 2011,
un fonds pour le réseau intelligent qui fournira de l'aide aux sociétés
du réseau intelligent dotées d'une présence importante en Ontario. Ceci
ouvrira de nouvelles opportunités de développement économique et
renforcera à la position de l'Ontario en tant que chef de file du réseau
intelligent.
Le gouvernement de l'Ontario est déterminé à encourager la
participation des Autochtones dans le secteur de l'énergie et a mis en
oeuvre plusieurs initiatives afin de soutenir la participation des
collectivités des Premières nations et des Métis dans divers projets
énergétiques, notamment :
• le Programme de partenariats énergétiques pour les Autochtones;
• le Programme de TRG : 17 projets mis en oeuvre par des Autochtones
ou des partenariats avec des Autochtones ont fait l'objet de contrats;
• le Programme de garanties d'emprunt pour les Autochtones, un programme de 250 millions de dollars;
L'Ontario compte également un partenariat important dans le projet
hydroélectrique de la Lower Mattagami, d'une valeur de 2,6 milliards de
dollars, qui donnera à la Première nation crie de Moose Factory une
participation allant jusqu'à 25 pour cent avec l'Ontario Power
Generation.
Les programmes de soutien élaborés au terme de la Loi de 2009 sur
l'énergie verte et l'économie verte seront modifiés de façon à s'assurer
que les collectivités autochtones profitent de ces opportunités. Les
niveaux de participation autochtone seront également revus dans le cadre
du réexamen régulier du Programme de tarifs de rachat garantis, afin de
déterminer s'il est nécessaire d'apporter des ajustements aux règles et
aux incitatifs.
Les collectivités des Premières nations des régions éloignées de
l'Ontario dépendent actuellement du diesel pour la production de leur
électricité — mais il s'agit d'un combustible cher, difficile à
transporter et qui comporte des risques pour l'environnement et pour la
santé. L'analyse réalisée jusqu'ici révèle que, pour bien des
collectivités éloignées, il serait moins coûteux à long terme de se
relier à une ligne de transport plutôt que de poursuivre l'utilisation
du diesel.
Une nouvelle ligne de transport jusqu'à Pickle Lake est une première
étape cruciale dans l'établissement d'une connexion avec les
collectivités éloignées du nord-ouest de l'Ontario. Une nouvelle ligne
de transport jusqu'à Pickle Lake — l'un des cinq projets prioritaires de
ce plan — aidera à desservir la nouvelle puissance à l'industrie
minière et rendra possibles les branchements futurs au nord de Pickle
Lake. Sous réserve des contributions aux coûts de la part des parties
bénéficiaires, l'Ontario se concentrera sur l'approvisionnement immédiat
de Pickle Lake à partir de la région de Ignace/Dryden. L'on continuera
d'envisager la construction d'une ligne desservant spécifiquement la
région de Nipigon, selon l'évolution des besoins
Dans le cadre de ce projet, le gouvernement demandera également à l'OEO d'élaborer
un plan permettant de brancher les collectivités situées au-delà de Pickle Lake, incluant
la participation des parties bénéficiaires, y compris le gouvernement fédéral, aux coûts.
Ce plan peut également envisager la possibilité de la production d'énergie sur place,
par exemple grâce à des projets d'éoliennes ou hydroélectriques, afin
de réduire l'utilisation du diesel par les collectivités.
L'énergie a un impact important sur l'économie de l'Ontario. Les
entreprises de l'Ontario dépendent de l'électricité pour produire des
biens et services et elle est essentielle à la qualité de vie.
• Le secteur de l'électricité de l'Ontario représente une industrie de 15 milliards de dollars par année.
• L'énergie compte pour 8 pour cent du PIB du Canada.
• Quelque 95 000 Ontariens sont actuellement employés, directement ou indirectement, dans le secteur de l'énergie.
• Plus de 10 milliards de dollars ont été investis en Ontario dans de
nouveaux projets d'énergie renouvelable déjà reliés au réseau ou en voie
de construction.
• L'Ontario a attiré plus de 16 milliards de dollars en
investissements du secteur privé dans le secteur de l'énergie au cours
de l'année écoulée.
Les progrès accomplis par l'Ontario dans la modernisation et la remise
à niveau de l'électricité ont profité non seulement aux utilisateurs,
mais ont également contribué à renforcer notre économie en attirant des
investissements et en créant des emplois. Les grands projets
d'infrastructure ont généralement un impact supérieur relativement au
PIB et à la création d'emplois et cela est également vrai des
investissements actuels et planifiés dans le secteur
de l'électricité en Ontario.
Le secteur de l'énergie propre offre également de nouvelles
opportunités aux résidents des régions rurales de l'Ontario. Les
agriculteurs louent des parties de leur terre pour l'installation
d'éoliennes, ce qui leur procure un certain revenu tout en leur
permettant de continuer leurs activités agricoles. Par exemple, à Port
Alma, des agriculteurs et des propriétaires fonciers louent leurs terres
au projet de Kruger Energy comptant 44 éoliennes qui produiront
suffisamment d'électricité propre pour alimenter 30 000 foyers.
Partout dans la province, des agriculteurs et des entreprises
agroalimentaires ont reçu un total de 11,2 millions de dollars afin de
concevoir et de construire des systèmes de génération permettant de
produire une énergie propre, de réduire les coûts d'électricité et de
contribuer à l'économie locale, par le biais du Programme ontarien
d'aide financière pour les systèmes de biogaz, en vigueur de septembre
2008 à mars 2010.
« L'édification d'une économie de l'énergie propre n'est pas un enjeu qui sépare la gauche et la droite. C'est un enjeu qui porte sur le passé et l'avenir. Les gens de toutes allégeances politiques chargés de construire une économie moderne sont capables de porter leur regard vers l'avenir. » - Rick Smith, partenaire fondateur de BlueGreen Canada
Le secteur du nucléaire a grandement contribué à l'économie de
l'Ontario au cours des 40 dernières années. Selon l'Association
nucléaire canadienne, ce secteur soutient plus de 70 000 emplois au
Canada et injecte chaque année quelque 6 milliards de dollars dans
l'économie canadienne. L'Association des industries CANDU estime que ses
165 membres emploient plus de 30 000 personnes, dont un grand nombre
ici, en Ontario. Ces membres fournissent des biens et services
nécessaires aux réacteurs nucléaires sur les marchés canadiens et
étrangers.
Des projets de mise à niveau et de modernisation des centrales
nucléaires de l'Ontario devraient créer et soutenir des milliers
d'emplois et injecter des milliards de dollars dans ce secteur au cours
de la prochaine décennie. Un rapport préparé par Manufacturiers et
Exportateurs canadiens estime que la remise à niveau et l'exploitation
des unités de Bruce et Darlington créeront ou soutiendront 25 000
emplois et rapporteront 5 milliards de dollars par année en activité
économique.
La conception et la construction de deux nouvelles unités nucléaires à
Darlington emploieront jusqu'à 3,500 personnes et soutiendront
plusieurs milliers d'autres emplois indirects. L'exploitation continue
de la centrale nécessitera en outre 1400 professionnels, exploitants,
personnel du génie et personnel de soutien technique, pendant toute la
durée de vie de la centrale.
Des milliers d'Ontariens travaillent dans le secteur du transport
de l'électricité de la province et l'on s'attend à ce que les milliards
de dollars destinés aux mises à niveau et à l'expansion planifiés du
réseau soutiennent et créent des milliers d'emplois additionnels dans
l'avenir.
Propriété à part entière de la province de l'Ontario, Hydro One est la
plus grande société de transport et de distribution d'électricité et de
la province. Elle possède 97 % des installations de transport dans la
province et emploie environ 5 400 travailleurs, dont de nombreux
techniciens hautement spécialisés, dans les collectivités de l'Ontario.
Ce plan contient un engagement à réaliser cinq projets de transports
prioritaires. Au plus fort des activités, ces cinq projets prioritaires à
eux seuls emploieront plus de 5 000 personnes en 2013. Cette nouvelle
capacité de transport permettra de développer davantage de production, y
compris de nombreux nouveaux projets d'énergie renouvelable du secteur
privé.
Le déploiement des nouveaux projets de transport permettra aux
collectivités, y compris les collectivités autochtones, de développer
une production de petite taille à partir de l'énergie renouvelable et,
dans certains cas, de réduire leur dépendance envers des formes
polluantes de production d'électricité.
Le secteur de l'électricité de l'Ontario représente une industrie
de 15 milliards de dollars par année. Les investissements dans la
filière énergétique contribuent à assainir l'air de l'Ontario, à
améliorer la fiabilité de l'approvisionnement énergétique et à créer des
emplois et des opportunités économiques dans les collectivités de la
province. Depuis 2003, plus de 10 milliards de dollars ont été investis
pour raccorder au réseau un nouvel approvisionnement, et plus de 7
milliards de dollars ont été consacrés à la consolidation du réseau de
transport. L'Ontario a également attiré plus de 16 milliards de dollars
en investissements du secteur privé dans les programmes de TRG.
Au cours des sept dernières années, les investissements dans la
construction de nouvelles installations produisant une énergie propre et
dans la modernisation de l'infrastructure énergétique ont augmenté de
façon importante, afin de compenser pour des années de sous
investissement. Les investissements dans les immobilisations de la
filière énergétique de l'Ontario seront importants au cours des 20
prochaines années, et correspondent
aux efforts du gouvernement pour moderniser et remplacer l'infrastructure vieillissante.
Par exemple, le plan d'infrastructure ReNouveau Ontario a investi, sur quatre ans,
30 milliards de dollars dans des projets d'immobilisation dans la province.
Ce plan décrit les dépenses en immobilisations essentielles pour
continuer à construire une filière énergétique propre et moderne et
s'assurer que la lumière continue à briller dans les foyers et les
entreprises de l'Ontario. L'on estime à 87 milliards de dollars, en
dollars de 2010, le coût total de l'immobilisation sur la durée de vie
du plan. Ceci tient compte des investissements dans l'approvisionnement
nouveau et remis à niveau, dans l'infrastructure de transports et de
distribution, et dans la conservation. Ce plan prévoit des
investissements plus importants que le plan de 2007, à cause des
investissements plus importants dans l'énergie renouvelable, des
hypothèses de calcul des immobilisations à jour, et d'une plus grande
certitude quant au coût de la remise à niveau et de la construction des
centrales nucléaires. Ces estimations seront précisées davantage par
l'OEO au cours des mois à venir, puis soumises à la CEO.
Fournir aux Ontariens une POEP de 10 pour cent est une façon
responsable d'aider les familles et les entreprises de l'Ontario à faire
la transition vers une filière énergétique plus propre. La POEP
aiderait les consommateurs résidentiels et les petites entreprises au
cours des cinq prochaines années, pendant la modernisation du réseau. Le
gouvernement a présenté un projet de loi visant à faire adopter la POEP
proposée.
Le bon sens économique et écologique veut que nous agissions de façon
concertée afin de réduire l'utilisation de l'électricité en période. La
création d'une culture de la conservation nécessite également que nous
fournissions aux consommateurs des données exactes et à jour sur leur
consommation d'électricité. Le gouvernement est déterminé à procéder à
la mise en oeuvre d'une structure de tarification selon l'heure de
consommation qui équilibre les avantages, d'une part, pour les
consommateurs et, d'autre part, pour la filière énergétique dans son
ensemble.
Afin d'aider les familles, l'Ontario repoussera jusqu'à 19 h la
période hors-pointe, ce qui donnera aux consommateurs deux heures de
plus au tarif le plus bas. Ce changement entrera en vigueur lors de la
mise à jour de la Grille tarifaire réglementée, en mai 2011.
Le présent plan a esquissé une nouvelle filière énergétique propre,
moderne et fiable pour le peuple de l'Ontario. Plutôt que d'être aux
prises avec un réseau polluant, d'un fonctionnement incertain,
vieillissant et doté de prix instables, les Ontariens disposeront d'une
filière énergétique propre, un modèle pour l'Amérique du Nord, qui
continuera à faire briller la lumière pendant des générations, crée des
emplois pour les familles de l'Ontario et fait en sorte que l'air que
nous respirons soit plus propre.
Production de base : Source d'électricité conçue pour fonctionner
plus ou moins continuellement, jour et nuit, pendant toute l'année. Les
centrales nucléaires et les grosses centrales hydroélectriques sont des
exemples de producteurs fonctionnant en continu.
Biomasse : Sources d'énergie obtenue de l'utilisation ou de la
combustion de la matière organique, y compris le bois, les déchets
agricoles et autres matières composés de cellules vivantes et servant à
produire de la chaleur ou de l'électricité.
Gestion de la demande : Programmes conçus pour réduire la quantité
d'électricité que prélèvent les consommateurs sur le réseau, en réponse
à des variations dans le prix de l'électricité selon l'heure, à des
incitatifs financiers ou à d'autres mécanismes. En Ontario, tant l'OEO
que la SIERE gèrent des programmes de gestion de la demande.
Production en charge commandée : Source d'électricité, par exemple
provenant du gaz naturel, qui peut être activée à la demande des
exploitants du réseau énergétique; c'est-à-dire que la production peut
être augmentée ou réduite en fonction de la demande ou des variations de
la disponibilité d'autres sources d'approvisionnement.
Distribution : Un réseau de distribution amène l'électricité du
réseau de transport jusqu'aux consommateurs. En règle générale, le
réseau comprend des lignes moyenne tension, des sous-stations et des
transformateurs sur poteau, des lignes de distribution basse tension et
des compteurs d'électricité.
Tarifs de rachat garantis (TRG) : Programme de financement garanti
offrant des prix stables pendant toute la durée de contrats à long
terme pour l'énergie produite à partir de ressources renouvelables.
Gaz à effet de serre : Gaz contribuant à retenir la chaleur dans
l'atmosphère de la Terre. Le dioxyde de carbone est le gaz à effet de
serre dominant; outre sa provenance de sources naturelles, il est rejeté
dans l'atmosphère lorsque des combustibles fossiles, comme le charbon,
le pétrole ou le gaz naturel, sont brûlés. L'on s'entend pour dire qu'il
contribue au changement climatique.
Production intermittente d'énergie : Sources d'électricité
produisant de l'énergie seulement à certaines périodes, par exemple les
générateurs solaires ou les aérogénérateurs, et dont la production
dépend de la vitesse du vent ou de l'ensoleillement.
Kilowatt (kW) : Quantité d'énergie standard dans un réseau
électrique de taille résidentielle, équivaut à 1 000 watts (W). Dix
ampoules de 100 watts allumées consomment un kW d'électricité.
Kilowattheure (kWh) : Unité de mesure standard de l'énergie
électrique dans un réseau de taille résidentielle. Un kWh (1000
watt-heures) est la quantité d'électricité produite ou consommée par une
unité d'un kilowatt pendant une heure. Dix ampoules de 100 watts
allumées pendant une heure consomment un kWh d'énergie.
Gestion de la puissance appelée ou de la demande : Mesures prises
pour contrôler la quantité d'énergie utilisée à un moment donné, en
augmentant ou en diminuant la consommation ou encore en déplaçant la
consommation vers une autre période.
Compagnie de distribution locale : Une entité qui possède un
réseau de distribution permettant de livrer de l'énergie localement (gaz
ou l'électricité, à des consommateurs.
Mégawatt (MW) : Une unité d'énergie équivalant à 1 000 kilowatts (kW) ou un million de watts (W).
Mégawatt-heure (MWh) : Une mesure d'énergie produite par une
centrale électrique au fil du temps : un générateur d'1 MV, fonctionnant
pendant 24 heures, produit 24 MWh d'énergie (tout comme un générateur
de 24 MW fonctionnant pendant une heure).
TRG pour les micros projets : Les propriétaires de résidence de
l'Ontario peuvent réaliser sur leur propriété de petits ou « micro »
projets de production d'électricité à partir d'énergies renouvelables
(10 kilowatts ou moins). Dans le cadre du Programme de TRG pour les
micros projets, les producteurs reçoivent un tarif garanti pour
électricité produite pendant au moins 20 ans.
Capacité de pointe : Capacité de production normalement utilisée
uniquement pour répondre à la demande de pointe (alors que la demande
est à son maximum) d'électricité pendant le jour; elle provient
généralement de centrales hydroélectriques, ou de génératrices au
charbon ou au gaz naturel.
Période de pointe : Demande de pointe ou capacité de pointe sont
des termes décrivant une période pendant laquelle l'on s'attend à ce
qu'une quantité d'électricité de beaucoup supérieure à la moyenne soit
fournie pendant une période prolongée.
Photovoltaïque : Technologie permettant de convertir l'énergie
solaire en énergie électrique (habituellement à l'aide de cellules
photovoltaïques ou de panneaux composés d'un certain nombre de
cellules).
Grille tarifaire réglementée (GTR) : Les taux (ajustés tous les
six mois) font en sorte que le prix de l'électricité reflète le coût
réel de la production de l'électricité. Ces taux permettent d'assurer
des prix stables et prévisibles pour les consommateurs.
Réseau intelligent : Un réseau intelligent livre l'électricité,
des producteurs aux consommateurs, à l'aide d'une technologie numérique
mettant à profit la communication bidirectionnelle, afin de contrôler
les appareils électriques dans les résidences des consommateurs, dans le
but d'économiser de l'énergie, de réduire les coûts et d'augmenter la
fiabilité et la transparence.
Approvisionnement diversifié : Les différents types de
combustibles qui sont utilisés pour produire de l'électricité dans une
région donnée. L'approvisionnement diversifié est habituellement exprimé
en précisant dans quelle proportion chaque type de combustible
contribue à la quantité totale d'énergie produite.
Térawattheure (TWh) : Une unité d'énergie équivalant à un milliard
de kilowatt-heures. La consommation d'électricité annuelle de
l'Ontario est d'environ 140 TWh.
Transport : Déplacement ou transfert de l'électricité par le biais
d'un groupe de lignes interreliées et d'équipements associés, entre les
lieux où l'énergie est produite et les endroits où l'énergie est
transformée pour être livrée aux consommateurs ou à d'autres réseaux
distincts de transport de l'électricité. Le transport de l'électricité
se fait par des fils à haute tension (50 kV ou plus en Ontario);
l'énergie est ensuite transformée en basse tension pour être distribuée
par le biais des réseaux de distribution locaux.